CQNA 2ième édition : Merci !

 

Voilà, nous y étions.

Nous ne savions pas si la magie allait opérer. Nous gardions un brin d’hésitation sur la concrétisation de notre grand projet. Aucun·e d’entre nous ne détenait toutes les cartes mais chacun·e tenait bien serré le petit morceau dont il ou elle avait la responsabilité.

Au fur et à mesure des mois, la toile s’était tissée. Une grande et belle idée avait tourné encore et encore dans les mains des uns et des autres. Chacun·e l’avait gentiment triturée pour y amener sa pierre, sa couleur, les préoccupations des siens face à ce qui nous arrive. Elle en était ressortie plus grande, plus belle, plus complète et plus complexe aussi. Le socle de confiance était là mais une brise de doute nous mettait dans un état d’excitation juste suffisant pour rester en mouvement.

 

Nous y étions, le 11 décembre de grand matin. Les invité·es français·es étaient arrivé·es la veille, nous les avions logé·es ci et là. Nous tentions de leur dresser l’impossible synthèse de ce qui les attendait. Le premier café à la main, ils et elles entrèrent dans ces Halles majestueuses. Il y avait des tables dressées, des nappes de couleur, des fleurs fraiches, du Earl Grey fumant et plus de 250 chaises face à deux salons improvisés, sur deux scènes côte à côté.

 

Le reste est difficilement descriptible. Il tient de la magie de ce qui est vu, entendu et de comment cela résonne avec le cœur et l’état d’esprit de chacun·e. Il tient de l’engagement de chacune et chacun qui était là.

Car le moment était grave. Les expulsions du chômage, les remises à l’emploi des malades de longue durée, les coupes budgétaires dans tous les sens, l’avenir très incertain des associations, des emplois, des services à des bénéficiaires toujours plus nombreux. Moins de moyens, plus de besoins, c’était ça le cadre. Avec, autour, une criminalisation plus forte des personnes sans papier, une certaine attirance sociétale pour la brutalité et l’extrême droitisation. Nous avons pourtant tenté de faire valoir la beauté devant ce désastre.

Nous avons traversé les mots avec Olivier Mannoni, les banlieues avec Sanaa Saitouli, l’auto-organisation avec Adeline de Lepinay, le travail avec Nicolas Latteur et les luttes sociales avec Bruno Frère.

Une matinée pour s’inspirer et le reste, trois demi-jours, pour construire ensemble. Une véritable fourmilière. Plus de 300 participants·es qui allaient et venaient dans une fluidité déconcertante. 17 ateliers répartis sur 4 lieux avec 17 meneurs·euses et au moins le double d’inspirateurs·trices.

Des interstices à foison pour prendre des nouvelles des unes et des autres.

Et puis le final, celui qui nous faisait un peu trembler. Les murs d’une salle calfeutrée, placardés d’une vingtaine de propositions d’actions concrètes construites sur deux demi-journées d’atelier. L’économie sociale jouxtait les CPAS qui côtoyait la voix des sans papier qui s’entremêlait avec une république populaire bruxelloise qui s’animait devant la question du logement qui rebondissait sur l’aide aux entreprises. Un grand marché de rêves partagés et transformés en actions concrètes, réalistes et collectives. Le temps du vote est arrivé. Quelles propositions nous décidions d’orchestrer ensemble dans les mois à venir ? Des collectifs hétéroclites se serraient les coudes en attendant les résultats. Chacune des propositions contenait sa part de rêve imprimé d’un monde meilleur. Vers plus de justice sociale, environnementale, démocratique. Chacune des propositions allait à l’envers du monde tel qu’il avance à grand pas. Chacune d’elle contenait cette nécessaire concrétisation d’un nouvel arbre à planter et arroser ensemble pour faire face à ce qui nous arrive.

Nous prenons le temps de récolter les synthèses des ateliers durant les semaines à venir pour vous présenter une photosynthèse de cette forêt collective à la rentrée. Et parce que ce fut un moment d’émotion, vous dire que sur les trois propositions arrivées en tête de peloton, deux concernent la protection des personnes dites sans papiers. Personne ne s’y attendait, encore moins celles et ceux qui portaient les propositions. Ces personnes, abandonnées et criminalisées par notre État, finissent parfois par l’être par les associations, elles-mêmes surchargées et désemparées. Mais là, le collectif en a décidé autrement et ça nous a donné un élan précieux !

Voilà, suite donc au prochain épisode. Merci à chacune et chacun d’avoir osé mettre les mains dans cette terre et d’avoir rendu le terreau si fertile. Impatients·es de continuer à jardiner ensemble, avec entre nos mains la justice sociale.

Ce qui leur arrive finit par arriver à tous. 

Belle fin d’année à tous et toutes ! 

Les co-organisateurs CQNA deuxième édition : Bruxelles Laïque, ChanGements pour l’Égalité, ConcertES, Cultures et Santé, Fédération des Maisons Médicales, Fédération des Services Sociaux, Inter Environnement Bruxelles, Ligue des droits humains, Lire et Écrire Bruxelles, SAW-B, Smart Coop  – ACPM et et PAC-G